“TROIS HOMMES DANS UN BATEAU”, PAR JEROME …

Le premier des trois c’est Jérome, Jérome tout court  (Jerome  K. Jérome c’est l’écrivain…). Lui fait des photographies, dont celles qui suivent qu’il vient de m’envoyer.  Sans les paroles, mais vous êtes libre d’imaginer …

   

(Sur mes photos à moi on le reconnait, ici déguisé en Beyonce; là en Tabarly à côté de Kersauson-Aquaman-Pierre-Jean …)

C’est la même histoire, mais vue par quelqu’un d’autre; j’ai juste choisi, avec son accord, les vues qui me plaisaient le plus: épilogue …

   (Cavaliani)     

  (Nea Skyra)

   

  

  (Kea)

(Sounion)

    (Egine)  

(THE END. A l’année prochaine si Dieu veut, comme on dit aux Antilles!)

Moralité: le photographe est rarement sur les photos …

.                                                     

 

EGINE-AGISTRIA-EGINE

– Agia Marina :

 

A Agia Marina je retrouve le temple d’Aphaia, si cher à mon coeur.

La marina est houleuse, pour ne pas changer.  Le temple… ah, le temple… il a encore fallu que les ‘services autorisés’ rajoutent une couche de béton-petits murets en pierre-accès handicapés-grillages de protection et autres horreurs sérieuses ‘pour-votre-sécurité’ !

Le temple qu’on découvrait au détour du chemin dans son décor naturel et sauvage, cadeau des dieux et de l’histoire, est de plus en plus fléché, balisé, enfermé défiguré.par les mêmes décideurs ‘indispensables’ qu’à  Vergina.  Les personnels avec qui j’ai pu discuter ici et là n’apprécient pas davantage et subissent les choix douteux de cette caste de spécialistes.

Le site reste exceptionnel et l’édifice d’une grâce inaccessible à ces ânes .

    

C’est pour avoir parlé d’Agistri avec Bernard et Bénédicte d'”Acropora” que nous mettons le cap sur la petite île le lendemain,  après une chaleureuse soirée passée avec eux et les cousins à la taverna Kiriakakis

– Agistri :

Jolie baies un peu abîmées par leur exploitation touristique, mais nous mouillons dans une crique sauvage; d’abord avec ligne de rivage, puis après le départ d’un autre bateau, au milieu de la baie pour pouvoir nous dégager en cas de houle ou changement de vent.

 

Demain peut-être nous baignerons-nous  dans une eau rendue turquoise par le soleil, avant de rentrer vers le chantier Kanonis où je laisserai PONYO pour la troisième année consécutive. Puis ce sera le retour vers la France pour nous trois … feux de bois et ciels d’hiver… Cette année je ne suis pas pressé.

On ne naît pas toujours grec. Qui sait, peut-être qu’on le devient … mais devient-on autre chose que ce que l’on est ?

– Egine :

Nous arrivons à midi; le port est plein de bateaux de loc. Un bateau s’en va, il y a deux places libres. Amarrage cul-à-quai presque correct avec les deux compères, et le plaisir de ‘rentrer chez soi’. De nombreux bateaux viennent pour se mettre à quai, nous avons eu de la chance tant le nombre de bateaux entrants semble sans rapport avec la taille du port, ça en est presque ridicule. Le soir on va manger chez Naïm derrière le marché à poissons.  Glace à la pistache sur le port. Je suis à la fois heureux d’être là et triste de partir.

 

Les cousins m’aident à sortir la grand-voile; demain ce sera le tour du génois; puis le “hauling” en cale sèche chez Kanonis…  Savourer l’atmosphère de cette ville, impression de sursis, de temps suspendu, de mécanique inexorable; impression de troquer bientôt une vie simple contre une existence contrainte et compliquée.

Puis l’entrée dans la darse étroite, le calage du bateau, son désarmement, les rendez-vous de chantier… Il semble que la ‘gear-box’ soit à changer, les batteries,  le selecteur et diverses bricoles… Enfin dernière soirée avec les amis..

Bernard et Bénédicte nous amènent en voiture au ferry que nous prenons ensemble, métro, avion, Paris, Toulouse… C’est bien fini pour cette année…  Un beau coucher de soleil sur les vitraux des Jacobins, sur la Garonne …  bien peu de chance d’apercevoir un dauphin. Les gens parlent tous français; la ville est saturée d’informations, de codes nouveaux, de choses dont l’utilité m’échappe… ‘Etsi Einai’: c’est ainsi!

A l’année prochaine PONYO!…

 

 

 

– Grèce et grecs :

Difficile de quitter ce pays, ces gens. J’y navigue depuis trois ans, je ne prétends pas connaître les grecs. Je ne peux parler, difficilement, que de ma Grèce, Mettre bout à bout les centaines d’endroits où j’ai été accueilli, où l’on a toujours  mis un point d’honneur à me rendre service, me trouver une solution,  où l’on m’a toujours foutu une paix royale, donné l’impression d’être ou de revenir chez moi, de me sentir aussi libre que j’étais capable de l’être.

Comment font-ils? Comment font ces gens qui ne sont que dix millions, pour en accueillir près de quarante? Comment font ces gens, quand le salaire moyen tourne autour de mille euros, pour rester eux-mêmes, au contact de tous ces vacanciers nantis, oisifs, différents, bruyants, envahissants, pour rester gentils, disponibles, honnêtes, calmes…. “Enjoy!” vous disent-ils, détendez-vous, profitez bien de vos vacances…  Il arrive, rarement, que tel ou telle vous confie brièvement son inquiétude face à l’avenir, sa perte de repères, sa dépendance vis-à-vis de l’étranger, sa fatigue de fin de saison.

Mais quelle admiration devant la résistance de ce peuple au tout-capitalisme, à la colonisation culturelle, au court-termisme généralisé et tout ce que nous apportons avec nous dans nos bagages d’insensé et de superficiel, nous les pressés-insatisfaits-consuméristes et pollueurs! Malades d’une civilistion malade et brutale, individualistes égoïstes et prétentieux. Nous qui venons profiter de leur générosité, de leur philoxenia mal comprise, de leur liberté. Nous qui faisons flamber les prix, les poussons à privatiser l’espace public, et leur rendons sûrement l’éducation de leurs enfants plus difficile.

Merci à vous, à votre langue belle et difficile, à votre élégance sans ostentation. Merci à Athéna, déesse de mes dix ans, déesse de la sagesse, fille de Zeus: qu’elle vous protège, qu’elle vous garde de devenir quelconques, de vous diluer dans la cacophonie ambiante. Elle, et aussi  AIDOS ..

.. cette merveilleuse  divinité dont mon deuxième bateau portait le nom aux Caraïbes!

(υγεία μας ;  [Yamas!]:  Santé !)



    		    	

DE KARYSTOS A POSEIDON VIA KEA

 

– Karystos :

“On n’oublie rien de rien on n’oublie rien du tout,. On n’oublie rien de rien, on s’habitue, c’est tout..” (J. Brel). De cette étape je ne gardais en mémoire qu’une atmosphère générale et le souvenir de quelques gens rencontrés: un jeune grec d’Alexandroupolis, un équipage allemand … Une fois n’est pas coutume j’appelle le port sur la VHF canal 12.. mais personne pour prendre nos amarres ou nous indiquer une place. Heureusement la place ne manque pas, et nous nous mettons ‘alongside’ à l’entrée.

En circulant à nouveau dans ces rues à angle droit je reconnais des lieux… ‘allons donc … c’était ici? ..’Il me semble que cela se passait il y dix ans..

    

A la tombée de la nuit nous devons bouger de deux mètres pour faciliter l’arrivée d’un pêcheur. Le lendemain nous partons pour Kéa.

– Kéa :

La traversée est sans souci: génois, spi-asymétrique, moteur… Le vent se cherche. Nous prenons une bouée dans l’anse-port de Vourkari; c’est tout de même plus facile à plusieurs! Baignade; l’eau est à encore à 22-23, le calme quasi total, la Grèce sans personne, les gens adorables,

Mais la vraie bonne surprise viendra de notre ‘promenade’ – 6 bonnes heures – à la Chora de Loulis le lendemain.  Paysages proches de ceux de Kithnos, en plus secs car nous sommes plus tard en saison, murs de clôture de même facture, sentiers pavés magnifiques, chênes aux glands typiques, et sentiment de liberté totale. La beauté étire le temps. Il n’y a que nous et nous allons où nous voulons. A quoi bon penser?..

        

La Chora est splendide, et le Lion de Kéa, datant de 600 ans avant notre ère, paresse au soleil dans un ciel criblé de frelons (d’Europe, remarque l’ami Pierre-Jean, apiculteur et randonneur pyrénéen de son état!)

         

(Chora, place, et art de vivre… )

           (Bowie …

cat! …)                      

Le bonheur de partager tout ça avec les deux cousins ne nous quitte pas même après l’heure de l’ouzo et  le coucher du soleil… Jérôme trouve encore l’énergie de se baigner. Demain il pleut. Nous avons rendez-vous avec Poséidon. Mais demain est un autre jour.

– Poséidon :

    

Il fait gris; la lumière est belle. Le mouillage déborde de monde,  le temple est désert; pendant une petite demi-heure… Poséidon est là, et aussi Athéna, un peu plus bas, grace à l’esprit d’observation de Pierre-Jean. J’étais passé à côté du sanctuaire la fois dernière …

     

Qu’on me laisse les dieux; qu’on me laisse des dieux assez longtemps pour oublier ce que nous faisons du monde. La moindre fleur ouvre un univers parallèle, la moindre pierre réssucite les morts, le moindre souffle, entre les colonnes  du temple, parle le langage de l’éternité. Tout Rimbaud dans une grenade …

Avant la fin de la matinée la baie s’est vidée de ses Bandar-Logs. Nous prenons un café dans le Resort devant lequel nous avons laissé l’annexe. Le petit déjeuner est réservé aux clients de l’hôtel. Les serveuses nous apportent quelques viennoiseries par pure gentillesse. Ô Grèce, tes filles sont toujours filles d’Athéna, Tes architectes ont extrait la beauté du monde; s’ils l’ont mesurée ce n’était certes pas pour la garder pour eux ni pour la rationner. La Grèce donne. Elle n’est pas ‘intéressée’.

Demain nous dormirons sous le temple d’Aphaia, à Agia Marina, si la houle d’Est nous laisse fermer l’oeil.

 

 

RETROUVAILLES AVEC ERETRIA

Eretria, dans mon souvenir, c’est avant tout Philippe et Katia, le petit musée, sa jolie statue de mère à l’enfant, le coup de vent du sud contre le quai….

Je revois Philippe avec plaisir; cette fois-ci PONYO est au mouillage, et outre le musée nous explorons avec Djamila le site archéologique et l’acropole, le gymnase, le temple d’Athena, le sanctuaire d’Isis, la maison aux mosaïques… Le site d’Eretria  s’étend sur des kilomètres, fouilles francaises, suisses, explications en français; pieds dociles et  lumière dorée du soir… On se sent chez soi.

   

   

   

Et puis chassé-croisé d’équipiers avec le départ de Djamila pour Athènes et l’arrivée de Pierre-Jean et deJérôme… Visite d’Eretria, du site archéo et  départ vers le sud d’Evvia… Nous remontons l’ancre et …

Eh bien non! :

– impossible de remonter l’ancre!:

Trois ans en Grèce, ça ne m’est jamais arrivé. Jérôme plonge… la chaîne s’est entortillée autour d’une vieille ancre à jas; il n’y a que 4m d’eau mais même avec le prêt d’un narguilé très pratique par l’équipage israélien d’un bateau voisin nous avons du mal à nous dégager. Après avoir hissé puis démanillé notre Spade, nous finissons par remonter la vieille ancre du fond,  dégager notre chaîne, et renvoyer l’ancre au fond SANS avoir eu l’idée de prendre une photo de la manoeuvre ni de l’ancre…. ! Mais PONYO est à nouveau libre et nous traçons vers Cavaliani.

Pour souder un équipage ou une amitié c’est connu, rien ne vaut une bonne galère et quelques parties de rigolades.

    (Vaisseau dans le ciel..)

– Cavaliani, Nea Styra :

Navigation sous génois vent arrière et petit mouillage dans la jolie anse de Boùfalo, puis promenade au-dessus avec Pierre-Jean avant la nuit…

 

(anse Boùfalo)

 

A Cavaliani: rien n’a changé. A part deux fauteuils Voltaire sur le quai nous sommes seuls vers midi; Pierre-Jean fait des essais de rame avec l’annexe et nous nous transportons du petit port à la jetée de Nea Skyra que je découvre et qui se trouve être un modèle de cette Grèce gentille et simple que j’aime tant. Aucun tourisme, deux ferries à couple, une vieille dame qui pêche au carrelet, quelques pagres achetés au pêcheur, une taverna excessivement chère qui n’entame pas notre bonne humeur ni le plaisir d’être là.

 

   

 

– Pétalion :

Puis départ vers Pétalion, toujours vent arrière sous génois, 5 noeuds, ‘mouillage-de-rêve’ dans le petit archipel à l’abri du vent d’Est, baignade et promenade à terre… Comme la vie peut être simple quand rien ne la complique ni de l’extérieur ni de l’intérieur. Il semble que nous partagions tous les trois cette réconfortante longueur d’onde…

      ..    

 

 

 

 

 

 

 

EDIPSOU – LIMNI – CHALKIS

–  Edipsou :

 

Nous revoici à Edipsou. Je voulais mouiller devant les sources, les rochers jaunes à l’Est, les vieux hôtels, mais la houle nous aurait rendu la nuit impossible et nous allons au port. J’ai déjà beaucoup photographié la station balnéaire de Loutra-Edipsou. Il a beau y avoir du monde – on est dimanche – elle reste pour moi la belle alanguie du début du siècle précédent, romantique abandonnée et lumineuse. Les yeux ne peuvent pas toujours convaincre la cervelle.

Le lendemain nous allons prendre un bain dans les bassins, face à la mer, un vrai bonheur. Il n’y a presque personne.

– Limni :

Autre ambiance. Nous decendons des fleuves impassibles… Vent arrière faible sous génois seul, drakkar silencieux  dans un grand fjord nordique, nous entrons sans trop y croire dans le petit port charmant mais saturé de Limni, aidés par Morten, danois marié à Valou, une française; la place ‘libre’ fait un mètre de plus que PONYO devant et derrière, entre deux bateaux à couple et un pêcheur. Nous les retrouverons à Chalkis…

  

 

… Chalkis où nous arrivons accompagnés par la plus grande bande de grands dauphins qu’il m’ait été donné de voir, 20, 30 individus, peut-être davantage, mâles, femelles, petits, se relayant sous notre étrave et tout autour, parfois jusqu’à  6 de front. Notre allure semble leur convenir. Je sais déjà que ni les photos ni les vidéos ne donneront rien. C’est à la fois frustrant et merveilleux. Alors on laisse tomber le frustrant et l’on s’abandonne au merveilleux!

      

– Chalkis :

Le soir nous passons le pont ouvrant dans le sens Nord-Sud à une heure raisonnable et sans stress pour aller finir la nuit au mouillage tout proche que je connais déjà. Mais je ne suis pas blasé: cela reste un événement nocturne à part, de temps suspendu un peu irréel.

 

Le lendemain nous prenons du gasoil au fond d’une anse à l’écart de tout qui ressemble à un étang;  petite station-service sur la nationale qui dispose à l’arrière d’un quai pour les bateaux; là aussi je connais, mais décidément je ne m’habitue pas à ces petits moments précieux… Et nous poursuivons notre route vers Eretria dans ces paysages plats d’embouchures vaseuses que j’affectionne sans trop comprendre pourquoi.

LOUTRA GIALTRON

  

On quitte Platania vent arrière avec l’impression de descendre un bras de l’Orénoque. Paysage boisé sauvage, fermes piscicoles, puis de lagunes ou d’embouchure. “N’oublie pas de tourner à gauche” m’avait dit Georges que j’avais retrouvé à Platania.

– Loutra Gialtron :

Loutra vous connaissez: c’est les bains. Les bains de Gialtra, Gialtron, génitif! Hier les flottilles allaient vers Loutra Edipsou, en face, jolie ville balnéaire où je m’étais déjà arrêté (rappel: pour rechercher un lieu: petit carré vert de l’accueil, la loupe, et nom du lieu souhaité).

Nous sommes seuls au mouillage de Gialtron où nous repérons sur la plage les sources chaudes de la ville, dont un bassin empierré pour deux personnes. Nous nous y rendrons le lendemain à 8 heures … mais nous n’y serons pas les premiers!

En attendant nous prenons un ouzo et une bière sur une nappe douteuse, ce qui est rare, face à un splendide arc-en-ciel, ce qui n’est guère plus fréquent.

  

A huit heures du matin il y a déjà du monde aux bains: un autrichien, quelques allemands, et près de la côte une foule de petites méduses brunes, mais il n’y en a pas à notre retour de Gialtra autour de PONYO.

 

Gialtra, village typique, messe dominicale, friands à la crème, raisins muscat et vendeur de poissons farcis de guêpes, que nous mangerons à midi. On est loin de l’ambiance de station clean d’Edipsou. Les gens parlent grec, sont amicaux et polis, la paix est totale et solaire, et … ça fait un bien fou!

 

 

LE TAUREAU D’ORAIEI

Du soleil et du vent… que demander d’autre? PONYO file ses 7 noeuds au bon plein dans l’air lavé par la pluie. Jolie nav en attendant d’autres grains au port.

Oraiei (Oreï); il y a pas mal de monde sur l’eau car Oraiei se situe à un carrefour entre Trikairi, Volos, et le détroit qui sépare  Evvia (Eubée) du continent en direction d’Halkida (Chalkis). On peut choisir d’aller où on veut, selon le temps qu’il fait bien sûr!

Je vais enfin voir ce taureau que des pêcheurs auraient remonté  du large jusqu’au village!

Plus probablement il a été trouvé dans les années 60 lors de l’agrandissement du port: c’est quand même un gros bébé de 4tonnes 8!

Curieusement il n’est pas exposé dans un musée mais dans une vitrine au centre du village. Les enfants jouent autour au ballon …  les reflets avec les nerfs de celui qui tente de le prendre en photo …

   

La ville est très agréable, très ouverte, sans chichi, facile à vivre.

A la taverna un orage s’abat sur le port et je suis obligé de courir au bateau porter une ligne au vent pour soulager l’ancre, et fermer la porte de descente: je suis trempé en moins de trois minutes!

   (Puis le soleil luit)

Nous avons trois jours de beau temps devant nous. Le 7 Eubée est l’île en Grèce où il ne faudra pas se trouver: on y annonce des trombes d’eau.

Il faudra faire avec, heureusement qu’on flotte!

 

 

 

 

 

PLATANIA, LA PLAGE AUX … OLIVIERS

La pluie s’arrête. Le vent d’Est est rentré. Nous quittons Alonisos et faisons voiles vers Volos, Trikeri, Orei … Tant pis pour l’île de Peristera. Il semble que le temps va se dégrader et qu il vaille mieux gagner vers l’ouest.

Le ciel est gris, la navigation est géniale, quoique le vent nous soit arrière. Cinq noeuds, six noeuds, sept, huit en soirée. Nous arrivons au petit port de Platania vers 17 heures avec une bonne avance, prenons la première place que nous trouvons … Une heure plus tard tout est plein.

 

La fatigue et la couleur du ciel raccourcissent une très jolie promenade au-dessus d’une longue plage bordée de vieux oliviers magnifiques. Il y a toujours quelque chose à voir de nouveau, de surprenant, de beau…

 

Le soir repas dans une taverna accueillante. Au port des bateaux anglais, allemands, suédois …   mais pas de flottille ( * ). Quelques pêcheurs, peu  de terrasses à touristes. Un village grec ‘normal’ sur le continent, au sud de la presqu’île de Trikeri, où l’on existe à la vitesse du temps qui passe, naturellement.

Demain ce sera la pluie de nouveau, et un vent fort. Le bateau grince contre le quai vers quatre heures, je reprends une drisse qui claque peu après; désactive l’alarme du baromètre qui s’est mise à couiner juste avant le lever du jour… On n’est peut-être pas si mal là!

( * ) .. une demi-douzaine, une dizaine ou plus de voiliers qui voyagent ensemble, arrivent tous au même moment au même endroit, gérés contrairement au bateau de location classique par un ou deux skippers ‘pros’ et ..

.. et non ce n’est pas juste un ‘délire de Gilles’ 🙂  .. il faut vraiment le voir pour le croire!

 

UNE ECLAIRCIE A ALONISSOS

 

Après le vent la pluie. Nous quittons Skopélos dans le grisaille pour Alonissos toute proche.

– Mouillage de Micri Mourtia :

Que reste-t-il d’un mouillage-de-rêve quand la lumière disparaît? … Le soleil revient le soir et nous voilà sur le sentier pavé qui monte raide jusqu’à la Chora.

 

La fin de saison y est encore plus marquée qu’à Skopelos: rues sans vie, terrasses désertes, quelques Estiatoria (restaurants) ouverts. Un ouzo au balcon et la nuit qui tombe sur une mer calmissime avec le mât éclairé de PONYO qu’on devine au fond de sa baie isolée.

    (la mer  depuis la Chora)

Le bonheur est éternel.

– Votsi :

Un petit plouf le matin entre deux nuages… Ambiance aquarium et assez mauvais ancrage sur des plaques rocheuses qui ressemblent à du sable; ça va qu’ il n’y a ni vent ni houle. Puis nous filons vers Votsi au moteur avec le linge dans les filières…

(le mouillage de Mourtia, le petit port de Votsi, et … “PONYO sur la falaise”… avec sa ligne de poupe)

EN ROUTE POUR SKOPELOS

Plusieurs jours passés à Skiathos donnent des envies de large et de jolis mouillages. J’ai pu amarrer PONYO au port public, refaire le plein de gasoil, d’eau, récupérer le hors-bord, mettre de l’ordre dans le bateau, et déambuler avec Djamila dans  Papadiamantis Odos, la rue principale, puis monter au village, et faire quelques courses.

 

– Stafyslos : Le lendemain le vent est prévu nul puis contraire, mais si nous voulons voir un peu Skopelos avant l’arrivée du Meltem vendredi, il faut y aller. Au moteur. Le bon côté c’est qu’on a le temps d’admirer le paysage, et peut-être d’arriver pas trop tard au mouillage, à l’extrémité sud. Demain on sera au port sur la côte nord avant midi pour visiter la très photogénique Chora..

Le mouillage est beau, pas trop plein, avec un italien gentil qui nous indique un banc de sable sans posidonies à côté:  je vais le remercier à la nage car l’annexe est rangée dans son coffre. Eau limpide et nuit étoilée

  

 – Le port : Au matin un peu de vent mais mer étale, et nous nous amarrons cul-à-quai au ‘pier’de la ville où nous décidons d’attendre le passage du coup de vent. 20-25 noeuds, paquets de mer sur la jetée, embruns, houle et bateaux mobiles, un oeil sur les amarres, un autre sur les mouvements des mâts les plus proches.

      

Retrouver la Chora, la vue depuis le Kastro, Le lendemain grande balade vers les monastères.

Et toujours quelques belles rencontres, comme hier au port cette jeune activiste de Sea-Shepherd, ou Julio, de Segovia, qui me fait visiter ‘Maris Stella’, son Via-38 en aluminium …

… aujourd’hui  ce moine italien qui nous offre de l’eau, qui semble si tranquille,  ou ce joli couple de grecs en vacances qui évoque le côté paradoxal du tourisme en Grèce, entre dépendance, résistance, impuissance et découragement!

Que les hommes sont beaux à l’écart des foules suivistes et versatiles. Foules sentimentales sans but, ni d’Eden où se projeter…

 

– Coup de vent :

  

On est au port quand le vent se lève, la houle surtout. Le port n’est pas idéalement protégé, les embruns submergent la jetée, mais l’inquiétude vient des autres bateaux: amarres distendues, ancrages incertains, skippeurs incompétents, mâts proches… Surtout le sentiment qu’e s’il se passe quelque chose peu sauront quoi faire. Le bon sens de base manque.

J’installe un semblant de passerelle pour aller à terre mais ce n’est pas tranquille.

 

– Monasteries : et une longue balade sur les hauteurs … (vue sur Alonissos)

       

Skopelos reste une très belle île, que nous ne faisons qu’effleurer. Malgré une flottille d’une douzaine de bateaux arrivés à la queue-leu -leu, elle n’est pas envahie par les touristes, peut-être parce que nous sommes fin septembre; avec de belles balades à pied et une ambiance plus paisible et décontractée.